bandeau Aconit
Vous venez de  Accueil > histoire > du_cae130_a_iris65m >
Association
Expositions
Collection
Services
Histoire
Magazine
Agenda
Forum
Plan
Contact

Nous écrire


© 2002-2008
- Aconit

Du CAE 130 à IRIS 65M :
Six ans de la division militaire
de CAE-CII

Résumé : Dans le cadre de la Compagnie Européenne d’Automatisme Électronique, l’auteur a participé de 1964 à 1967 au développement des ordinateurs destinés à l’équipement des systèmes d’arme MSBS et SSBS. Il décrit les adaptation des machines TRW 130, TRW 133 et périphériques ainsi que les méthodes de travail. De 1967 à 1969, dans le cadre de la nouvelle CII, il a participé au développement des premiers ordinateurs du plan calcul et décrit en particulier le développement de la machine P2M.

Au printemps 1964, un jeune ingénieur terminait son service dans la marine. Trois candidatures spontanées, trois offres d’embauche… Il faut dire que les ingénieurs ayant étudié les structures des ordinateurs, les transistors et la programmation ne couraient pas les rues ! Merci à M. Benoit et à l’École d’Ingénieurs Électroniciens de Grenoble.

Je suis entré en avril 1964 à la Compagnie Européenne d’Automatisme Électronique (CAE). La société était présidée par M. Auricoste, avec M. Chambolle à la Direction Technique. Les bureaux – et la production – étaient répartis dans Boulogne, dans divers anciens bâtiments industriels. Le département militaire, qui se montait sous la direction de M. Bacot, disposait d’un petit bâtiment, avec un grand garage, un peu à l'écart.

1. LA PERIODE « COMPAGNIE EUROPEENNE D’AUTOMATISME ELECTRONIQUE »

La CAE adaptait des ordinateurs sous licence de la société américaine (Thomson) Ramo Wooldridge (TRW) et développait les équipements complémentaires pour les clients français dans la même technologie.

Pour le marché civil, le CAE 510 était déjà disponible depuis quelques années. C’était une adaptation de la machine américaine RW 530. Par contre, pour le marché militaire, CAE commençait juste l’adaptation du TRW 130 en CAE 130

1.1. Caractéristiques du CAE 130 alias TRW 130

Le CAE 130 et le CAE 510 avaient exactement la même technologie, dans un habillage plus robuste, plus « durci » pour la machine militaire. Au niveau de la structure, par contre, il y avait une différence de taille : le CAE 510 travaillait sur des mots de 18 bits, alors que le CAE 130 travaillait sur 15 bits, ce qui entraînait bien sûr quelques variantes au niveau du code d’instructions.

Le TRW 130 avait été développé aux États Unis dans le cadre du système NTDS : Naval Technical Data Systems. Je ne sais pas jusqu’où le système NTDS avait défini la structure de la machine, mais au moins tout le système d’entrées/sorties reposait sur des normes précises NTDS.

  • Fréquence horloge : 330 kHz (soit 3 ms par temps d’horloge…)
     
  • Machine organisée en mots de 15 bits.
     
  • A noter que les entrées/sorties caractères se faisaient en code 6 bits. On pouvait donc ranger 2 caractères par mot en gaspillant de la place, ou 2,5 caractères par mot en optimisant !
     
  • Mémoire à tores magnétiques organisée par blocs thermostatés de 8 192 mots. L’armoire de base contenait le premier bloc, une unité supplémentaire CAE 131 pouvait recevoir de 1 à 3 blocs supplémentaires, soit une capacité maximum de 32 768 mots.
     
  • Une particularité de la machine militaire par rapport à la machine civile était le bootstrap câblé en mémoire: un fil supplémentaire traversait les 21 premiers tores de chaque plan. Un poussoir du panneau de commande permettait d'envoyer une impulsion électrique dans ces tores pour les positionner à "1" ou à "0" et ainsi d'écrire d'un coup un programme minimum de charegement qui pilotait le lecteur de ruban perforé.
     
  • Technologie diodes et transistors discrets. Tous les éléments logiques "ET, OU" étaient formés de portes à diodes, les transistors assurant inversion (NON), amplification et bascules.
     
  • Les 8 "paniers" de cartes recevaient chacun 26 cartes. On trouvait de haut en bas:
    • Le panneau de commande, avec le bloc mémoire rangé derrière;
    • les amplis d'écriture/lecture mémoire;
    • Les différents registres (M: adressage mémoire, E: instruction, A, B, P...) et le bloc opération, rangés un par panier;
    • en bas, les circuits d'entrée/sortie.
       
  • Code d'instructions: une trentaine d'instructions, de bas niveau, appelées "logands" par les concepteurs (Voir "programmation" ci-dessous)
     
  • Entrées/sorties:
    • Canaux A et B: canaux "haute vitesse", à trnasfert par bloc. Ils ont été peu utilisés_sinon pas du tout_dans les projets décrits ici.
    • Canal C: canal E/S par mot de 15 bits (ou caractères de 6 bits). Il était utilisé pour connecter tous les périphériques classiques (machine à écrire en E/S, lesteur/perfo de ruban, bande magnétique) et les périphériques spécifiques spécifiques développés par CAE.
       
  • Alimentation interne: -13,5V ("1" logique), +13,5 V, -4 V (tension de seuil), -28 V (relais) et -105 V (voyants néons).
     
  • Alimentation primaire:
    • TRW 130: 117 V-60Hz.
    • CAE 130: voir ci-dessous les applications françaises MSBS et SSBS.
       
  • Armoires :

  • TRW 130: armoire moulées en fonte d'aluminium, très compactes (150 cm de haut, par 50 de large et 40 de profondeur). Le fond recevait les blocs alimentation et toute la logique était installée dans la porte.
  • CAE 130: voir ci-dessous les applications françaises MSBS et SSBS.

Une unité TRW 192 à gauche (même armoire que le TRW 130) et deux unités TRW 170.

1.2. Les unités périphériques

1.2.1. CAE 131-Baies d'extension

Déjà mentionnée plus haut, cette unité recevait les blocs d'extension mémoire et les canaux d'E/S A et B.

1.2.2. CAE 141 - Périphériques standards

Cette unité contenait:

  • Un lecteur de ruban perforé optique, bidirectionnel, à 200 caractères par seconde.
     
  • Un perforateur de ruban à 75 c/s.
     
  • Le perforateur et le lecteur étaient prévus pour des travaux de "grosse capacité" et équipés de dérouleurs capables de recevoir une galette complète de ruban (250m, soit 100 000 caractères).
     
  • L'unité de commande: 2 paniers de logique: logique aussi "tordue" que celle de l'unité centrale était claire!
     
  • Connectée à coté: Machine à écrire IBM Slectric "à boule" qui servait d'organe de dialogue et d'impression.

1.2.3. CAE 192 et CAE 170 - Unités de bande magnétique

Le système à bande magnétique comprenait des unités de commande CAE 192 et des unités de bande CAE 170. Un CAE 130 pouvait adresser 4 unités de commande 192, qui pouvaient piloter chacune 4 unités de bande 170. de plus chaque 192 pouvait être raccordée à 2 unités centrales 130. Je l'ai réalisé pour essais, mais je ne pense pas que cette fonction ait jamais été utilisée dans les applications françaises.

  • La CAE 192 contenait 4 paniers de logique, et les amplis de lecture communs aux 4 têtes magnétiques. Il y avait ainsi quelques 2 m de câble de liaison entre les têtes de lecture de la quatrième unité et les amplis de lecture dans la version d'origine TRW, et près de 4 m dans la version marine CAE!
     
  • Chaque CAE 170 contenait :
     
    • Un dérouleur COOK 58 de bande magnétique 1/2 pouce, écrivant en "basse densité" à 200 caractères au pouce, ou en "haute densité" à 556 caractères au pouce;
       
    • Un bloc alimentation tout à fait spécial, comprenant les commandes de puissance des moteurs et électro aimants;
       
    • deux paniers de logique de commande, avec les amplificateurs d'enregistrements et les préamplificateurs de lecture.

1.2.4 Lecteur de cartes perforées, imprimantes à tambour...

Dans les derniers temps des études sur ces machines, nous avons reçu de TRW un lecteur de cartes et une imprimante à tambour, dotés cahcun dans leur bâti de l'interface de connexion au canal C.

Ces machines, non militarisées, étaient cependant d'un modèle différent des unités utilisées sur le gamme civile CAE 510. Elles ont été utilisées en centre de calcul et n'ont jamais été développées en France.

1.3 Programmation et logiciels du CAE 130

le jeu d'instructions logands était plus proche des jeux d'instruction des ordinateurs RISC modernes (Reduced Instruction Set Computer) que des jeux puissants type IBM 360 qui commençaient à se ddévelopper. Les programmeurs de TRW avaient développé un jeu de macro-commandes baptisés "logans" qui émulaient un jeu "riche" (double précision, virgule flottante), mais les programmeurs de CAE les ont très peu utilisés pour les applications militaires: quand on ne dispose qu de quelques milliers de mots, il faut optimiser à une instruction près!

Les instructions de base autorisaient de multiples combinaisons d'adressages, ce qui permettait des astuces impressionnantes: permutation des contenus registres et mémoires avec branchement simultané...

Le TRW 130disposait principalement d'un assembleur, tout à fait classique. Il était fourmi_évidemment_sur ruban perforé (une cinquantaine de mètres), il lisait un ruban perforé source et fournissaitun ruban perforé de code binaire. Pas d'éditeur de liens: tout était traité enadresses absolues;

les premières instructions du programme devaient s'enchaîner au code du bootstrap câblé en mémoire. C'était toujours les mêmes et nous savions les identifier au premier coup d'oeil.

TRW avait fourni aussi un compilateur FORTRAN II. Comment fait-on une compilation avec 8 K mots de programme ? Très simplement:

  • Charger la première moitié du compilateur.
  • placer le ruban source Fortran sur le lecteur et lancer la première passe.
  • Le compilateur lit "ligne à ligne", imprime la liste sur la machine à écrire, analyse et perfore au fur et à mesure un ruban intermédiaire (pseudo code).
  • Charger la deuxième moitié du compilateur.
  • Placer le ruban intermédiaire sur le lecteur et lancer la deuxième passe.
  • le compilateur lit et assemble le pseudo code, et silmutanément perfore un code binaire.
  • Un ruban auxiliaire portait le "chargeur" du code binaire et les routines d'éxécution standards (Run Time).

[ page 1 | page 2 | page 3 ]


MàJ : CH 2004/8/1

Haut de page | Accueil | Plan du site